En bref : Un anémomètre mesure la vitesse du vent. Le modèle à coupelles tourne d'autant plus vite que le vent est fort, le modèle à ultrasons chronomètre le son entre deux capteurs, sans pièce mobile. La direction, elle, vient d'une girouette. En météorologie, la vitesse du vent est une moyenne sur 10 minutes, et la rafale est le maximum des moyennes sur 3 secondes. Votre station ne calcule pas sa rafale comme Météo-France.
L'anémomètre est le capteur le plus exposé d'une station météo : en hauteur, dans le vent, le givre et la pluie. C'est aussi celui dont les chiffres sont le plus souvent mal interprétés. Une « rafale à 95 km/h » sur une console et une rafale à 95 km/h dans un bulletin de Météo-France ne désignent pas la même mesure.
Qu'est-ce qu'un anémomètre et que mesure-t-il ?
Un anémomètre mesure la vitesse du vent. La direction est mesurée par un autre instrument, la girouette, souvent intégrée au même boîtier sur les stations grand public. Le vent est décrit par ces deux nombres : d'où il vient, en degrés depuis le nord, et à quelle vitesse.
L'unité internationale est le mètre par seconde. En France, le grand public lit des km/h ; les marins et les pilotes utilisent le nœud.
| Unité | Équivalence | Qui l'utilise |
|---|---|---|
| m/s | Unité de référence de l'OMM | Météorologues, manuels techniques |
| km/h | 1 m/s = 3,6 km/h | Bulletins grand public en France |
| nœud | 1 nœud = 1,852 km/h = 0,51 m/s | Marine, aéronautique |
| Beaufort | Échelle de 0 à 12 par paliers | Marine, observation sans instrument |
Notre convertisseur nœuds / km/h fait la conversion, et notre échelle de Beaufort relie une vitesse aux effets visibles : fumée, drapeaux, vagues.
Comment fonctionne un anémomètre à coupelles ?
Trois ou quatre coupelles hémisphériques montées sur un axe vertical tournent sous l'effet du vent. Le guide des instruments de l'Organisation météorologique mondiale (OMM) décrit deux sous-ensembles : le rotor et le générateur de signal. Dans un appareil bien conçu, la vitesse angulaire du rotor est directement proportionnelle à la vitesse du vent.
Le générateur de signal transforme la rotation en impulsions électriques. Un aimant passe devant un capteur à chaque tour, ou plusieurs fois par tour ; l'électronique compte les impulsions sur un intervalle de temps et en déduit la vitesse.
Ce principe simple a trois limites, toutes documentées par l'OMM :
- Un seuil de démarrage. Il faut vaincre les frottements des roulements avant que le rotor ne tourne. Un vent très faible n'est pas mesuré.
- Une non-linéarité à faible vent. Sous 4 m/s environ, l'étalonnage peut s'écarter nettement de la proportionnalité si les bras sont longs par rapport au diamètre des coupelles.
- Une survitesse. Les coupelles accélèrent plus vite qu'elles ne ralentissent, et les mouvements verticaux de l'air les font tourner plus vite. La vitesse moyenne est donc surestimée, jusqu'à 10 % pour certains modèles en air turbulent.
S'y ajoute l'usure : des roulements qui prennent du jeu, des coupelles alourdies par le givre. Notre guide de la station météo en montagne décrit ce que le gel fait à un rotor.
Et l'anémomètre à hélice ?
L'hélice fonctionne comme les coupelles, à une différence près : elle ne mesure que la composante du vent parallèle à son axe. Il faut donc l'orienter face au vent, ce que fait la girouette sur laquelle elle est montée. C'est le principe de l'anémomètre-girouette, l'une des combinaisons courantes citées par l'OMM.
Comment fonctionne un anémomètre à ultrasons ?
Un anémomètre à ultrasons n'a aucune pièce mobile. Il mesure le temps que met une impulsion ultrasonore pour parcourir une distance fixe entre deux transducteurs. Dans le sens du vent, le son va plus vite ; à contre-vent, il va moins vite. La différence des deux temps donne la vitesse du vent sur cet axe, et deux axes croisés donnent aussi la direction.
L'OMM retient de cette technologie une grande durabilité et une faible dérive de précision, puisqu'il n'y a ni roulement ni usure. L'Ecowitt WS90 annonce un seuil de démarrage de 0,5 m/s. Notre article sur les stations météo sans pièces mobiles détaille le calcul du temps de trajet.
Fil chaud et autres principes
L'anémomètre à fil chaud mesure le refroidissement d'un fil chauffé par le vent. L'OMM le juge peu fiable en usage opérationnel : fragile, et dont l'étalonnage dérive vite en air sale ou humide. Il n'est pas recommandé sous précipitations.
Vent moyen ou rafale : que lit-on sur la console ?
La vitesse du vent en météorologie est une moyenne sur 10 minutes. C'est la norme internationale, celle des bulletins et des modèles de prévision. Une moyenne plus courte ne lisse pas assez la turbulence : pour l'OMM, une « moyenne » sur 1 minute doit être décrite comme une longue rafale.
La rafale est la vitesse maximale observée sur une période donnée. Sa valeur dépend de la réactivité de l'instrument : un système lent étale les pointes et lit des rafales longues et faibles, un système rapide lit des pointes hautes et brèves. Pour comparer deux mesures, il faut donc fixer une durée de rafale.
L'OMM retient 3 secondes. En vent fort, une rafale de 3 secondes couvre 50 à 100 mètres : assez pour envelopper une maison et lui appliquer toute sa charge. Une pointe plus brève n'a ni le temps ni l'étendue pour endommager une construction importante. Concrètement, la chaîne de mesure recommandée échantillonne le vent toutes les 0,25 seconde et calcule en continu la moyenne des 12 derniers échantillons ; la rafale est le maximum de ces moyennes.
Ce qui a changé chez Météo-France en juin 2026
Jusqu'en 2026, Météo-France qualifiait les rafales par le vent instantané maximal. Depuis juin 2026, la référence est le maximum des moyennes sur 3 secondes, conformément à la recommandation de l'OMM et en cohérence avec les autres services européens.
L'écart est modeste sur une rafale ordinaire : au sémaphore de Boulogne-sur-Mer, en septembre 2024, 90 km/h en vent instantané correspondaient à 87 km/h en rafale sur 3 secondes. Il est plus net sur les pointes extrêmes : le record parisien de la tempête Lothar, le 26 décembre 1999, passe de 169 km/h en instantané à 155 km/h en rafale sur 3 secondes. Les deux séries restent disponibles sur data.gouv.fr.
Que calcule votre station ?
Aucune fiche de notre catalogue ne documente la chaîne OMM. Chaque constructeur choisit son intervalle de mesure et sa fenêtre de rafale, et les documente plus ou moins.
| Station | Mesure du vent | Rafale affichée |
|---|---|---|
| Ecowitt WS90 et WS85 | Toutes les 2 s | Maximum sur les 28 dernières secondes |
| Ecowitt GW3002 (capteur WS69) | Toutes les 2 s | Maximum sur 16 s |
| Davis Vantage Pro2 | Transmission toutes les 2,5 s | Fenêtre non documentée |
| Ambient Weather WS-5000 | Mise à jour toutes les 4,9 s | Fenêtre non documentée |
| Ecowitt WS2910 | Transmission toutes les 16 s | Fenêtre non documentée |
| Sainlogic SA9 | Transmission toutes les 60 s | Non documentée, jugée lente pour les rafales dans notre fiche |
Une rafale calculée sur des lectures toutes les 2 secondes n'est pas une moyenne glissante sur 3 secondes, et l'OMM note qu'un échantillonnage plus lent donne en général un extrême plus bas. Et quand une fiche ne donne qu'un intervalle de transmission, rien ne dit comment la rafale est calculée entre deux envois. Pour suivre une tempête, cherchez cette information avant la précision annoncée.
Où installer son anémomètre ?
À 10 mètres au-dessus du sol, sur un terrain dégagé. C'est la hauteur conventionnelle de l'OMM, et l'échelle de Beaufort est définie pour cette hauteur. « Dégagé » a une définition : les obstacles doivent se trouver à une distance d'au moins dix fois leur hauteur.
Peu de jardins le permettent. Retenez alors trois règles :
- Le plus haut possible, au-dessus du toit et des obstacles proches.
- Loin des arbres et des murs : un obstacle réduit le vent moyen, mais moins les rafales. Votre station lira donc un vent moyen trop faible et des rafales moins affectées.
- Un mât vertical, contrôlé au niveau : le manuel du WS68 d'Ecowitt, l'anémomètre du kit WittField, prévient qu'un capteur incliné fausse la vitesse et la direction.
La hauteur change la lecture. Le profil de vent publié pour la pleine mer, la surface la plus dégagée qui soit, donne à 5 m environ 91 % de la valeur à 10 m, et à 20 m environ 110 %. À terre, les obstacles creusent encore l'écart : un anémomètre à 2 ou 3 m de haut, derrière une haie, mesure votre jardin, pas le vent de la région.
Nos guides régionaux détaillent le choix et l'orientation d'un anémomètre face au vent breton et au mistral. Pour la station complète, notre guide pour passionnés traite du placement de l'anémomètre au-dessus des obstacles.
FAQ : vos questions sur l'anémomètre
Pourquoi ma rafale diffère-t-elle de celle de Météo-France ?
Pour trois raisons qui se cumulent. Votre anémomètre n'est pas à 10 m sur terrain dégagé. Il ne calcule pas une moyenne glissante sur 3 secondes. Et la station de référence la plus proche peut être à 20 km, dans un autre relief. Comparez les tendances plutôt que les valeurs.
À partir de quelle vitesse mon anémomètre démarre-t-il ?
Cela dépend du modèle. Un anémomètre à ultrasons comme la WS90 démarre à 0,5 m/s. Un modèle à coupelles doit d'abord vaincre ses frottements, et l'OMM note que son étalonnage peut s'écarter de la proportionnalité sous 4 m/s selon sa géométrie. Lisez les faibles valeurs avec prudence.
Quelle différence entre anémomètre et girouette ?
L'anémomètre mesure la vitesse, la girouette la direction. Les stations grand public les réunissent dans un seul boîtier, et les modèles à ultrasons obtiennent les deux à partir de la même mesure.
Peut-on estimer le vent sans instrument ?
Oui, avec l'échelle de Beaufort, conçue pour cela : la fumée qui dévie, les feuilles qui s'agitent, les branches qui plient. Notre échelle de Beaufort donne les repères et les vitesses correspondantes.
Conclusion : lire la durée autant que le chiffre
Un anémomètre à coupelles compte des tours, un anémomètre à ultrasons chronomètre le son. Les deux donnent une vitesse, mais c'est la durée sur laquelle elle est calculée qui lui donne un sens : 10 minutes pour le vent moyen, 3 secondes pour la rafale selon l'OMM et, depuis juin 2026, selon Météo-France.
Avant d'acheter, regardez l'intervalle de mesure du vent dans nos fiches. Pour comparer les modèles, consultez notre guide des stations météo les plus précises.
Sources et références techniques
- Guide des instruments et des méthodes d'observation, WMO-No. 8, volume I, chapitre 5 « Measurement of surface wind », OMM (édition préliminaire 2018) : définitions du vent moyen sur 10 minutes et de la rafale, durée de rafale de 3 s et course de vent de 50 à 100 m, échantillonnage à 0,25 s et moyenne des 12 derniers échantillons, principe des anémomètres à coupelles, à hélice, à ultrasons et à fil chaud, non-linéarité sous 4 m/s et survitesse jusqu'à 10 %, hauteur standard de 10 m.
- Météo-France adopte une nouvelle référence pour les rafales, Météo-France (4 juin 2026) : passage du vent instantané au maximum des moyennes sur 3 secondes, recommandation de l'OMM, exemple de Boulogne-sur-Mer (90 km/h contre 87 km/h), record parisien de Lothar (169 km/h contre 155 km/h).
- Fiche « Vent », groupe de travail Tempêtes et submersions historiques, Météo-France, Cerema et Shom (mai 2024) : standardisation à 10 m, vent moyen sur 10 minutes et rafale sur 3 s, conversion du nœud, obstacles à dix fois leur hauteur, effet moindre des obstacles sur les rafales, profil de vent en pleine mer selon la hauteur (0,91 à 5 m, 1,10 à 20 m).







